Pour Valeo, la voiture autonome est "une attente du public"

Pour Valeo, la voiture autonome est "une attente du public"
Guillaume Devauchelle, directeur de la R&D Chez Valeo, revient sur le travail de l’équipementier en matière de véhicule autonome, une voiture qui se gare seule ou se déplace sans l’aide du conducteur.
L’Usine Nouvelle - Valeo avait présenté à Francfort, il y a 18 mois, une voiture qui se garait seule, via un smartphone. Aujourd’hui, vous présentez un véhicule qui se conduit grâce à un iPad. Vous répondez donc à l’appel lancé par Arnaud Montebourg, il y a quelques jours, de développer une voiture intelligente.
Guillaume Devauchelle - Cette idée lancée par Arnaud Montebourg est une bonne idée car elle répond à une attente du public et Valeo est en pointe sur ce sujet. Nous avons débuté par la fonction créneau (où la voiture se gare toute seule), puis nous avons ajouté la fonction parking en épi. Aujourd’hui c’est l’iPad Control, la conduite avec un iPad. Nous essayons d’aller toujours plus loin en capitalisant sur notre expérience. Nous pouvons extrapoler : au lieu d’un iPad, on peut imaginer que la voiture avance grâce à l’infrastructure d’un parking et aille toute seule se garer sur une place libre qui lui serait indiquée.
A qui s’adresse ce véhicule intelligent ?
Le public visé est large. Dans les mégalopoles, se garer est devenu stressant. Et la population vieillit : le champ de vision se rétrécit, il est plus difficile de tourner la tête. Nous ciblons aussi les jeunes. Ils ont une vie iPhone, pas une vie automobile. En utilisant un smartphone pour conduire, ils voient la voiture comme le prolongement de leur iPhone.

Stratasys rachète le fabricant d’imprimantes 3D économiques Makerbot

Stratasys rachète le fabricant d’imprimantes 3D économiques Makerbot
Il y a encore un an, la Replicator de Makerbot était une imprimante 3D open source. Aujourd’hui, elle appartient au numéro un mondial de la fabrication additive. Stratasys a racheté Makerbot pour 400 millions de dollars.
En rachetant Makerbot, Stratasys sonne la fin d’une époque. Le numéro un mondial des systèmes de fabrication additive met la main sur le champion de la petite imprimante 3D économique. Créé en 2009, Makerbot avait lancé la Replicator en kit et en mode open source. Les plans de l’imprimante étaient gratuits et modifiables, et la communauté pouvait proposer des améliorations. La Replicator première du nom est rapidement devenue l’imprimante 3D des Fab Labs.
L’arrivée de la Replicator 2, vendue par un réseau commercial et à la propriété intellectuelle protégée, avait déjà fait grincer les dents des premiers utilisateurs. Ce revirement survenait après l’arrivée de prestigieux investisseurs au sein de la société créée par un ancien hacker.

General Electric mise gros sur le big data

General Electric mise gros sur le big data
Le conglomérat américain vient d’annoncer le lancement de Predictivity, une plate-forme analytique pour le big data. Une étape majeure dans le virage de General Electric vers l’internet industriel.
General Electric lance sa propre plate-forme analytique pour le big data. Predictivity cible l’internet industriel, au cœur de la stratégie du conglomérat américain depuis un peu plus de deux ans. Pour GE, les machines industrielles, moteurs d’avions, éoliennes, turbines à vapeur, etc. seront de plus en plus truffées de capteurs envoyant leurs données en temps réel. Pouvoir réagir à ces données et prédire le comportement des machines à partir de leur historique recèle un potentiel gigantesque, tant pour l’amélioration et l’enrichissement des performances des machines, l’optimisation de leur production ou la création de nouveaux services à offrir par GE.

Sylob spécialise son ERP pour les sous-traitants aéronautiques

Sylob spécialise son ERP pour les sous-traitants aéronautiques
L’éditeur de logiciels de gestion profite du salon du Bourget pour lancer Sylob Aéro, une solution ERP spécialement conçue pour les besoins des PME du secteur aéronautique.
Respect des plannings, contraintes normatives ou impératifs de traçabilité, les sous-traitants doivent se conformer à de nombreuses règles pour devenir fournisseurs de l’aéronautique. Sylob en sait quelque chose : implanté en Midi-Pyrénées, l’éditeur (90 personnes, 8 millions d’euros de chiffre d’affaires) compte parmi ses clients de nombreux fournisseurs de l’aéronautique. "Il y avait un vrai besoin, car c’est un secteur où les échanges de données avec les donneurs d’ordres doivent être optimaux, ne serait-ce que pour le respect des plannings", confirme Pierre Hartmann, consultant avant-vente chez Sylob.
UNE GESTION DE PLANNING PLUS FLEXIBLE
La nouvelle solution Sylob Aéro vient en complément des ERP Sylob 5 et Sylob 9, qui comportent déjà différents modules pour la gestion de production, les achats, les stocks, la finance, la relation client, ou encore le SAV. Elle y ajoute une série de fonctions spécifiques à l’aéronautique, notamment pour assurer la traçabilité complète d’une fabrication. "Sylob Aéro facilite la rédaction des documents FAI (first article inspection) et DVI (dossier de validation industrielle), qui sont propres à cette industrie", complète Pierre Hartmann. Les dirigeants de PME y trouveront également un outil de gestion des plannings particulièrement flexible pour s’adapter aux variations de cadence, ainsi qu’une solution de gestion des habilitations des opérateurs.

Toyota assemble une Auris sur Twitter

Toyota assemble une Auris sur Twitter
Le constructeur japonais Toyota souhaite attirer de nouveaux clients en live-tweetant la production d’une Auris dans les moindres détails
Assembler une voiture, Toyota le fait quotidiennement, et même plusieurs dizaines de milliers de fois chaque jour, dans la cinquantaine d’usines implantées par le constructeur aux quatre coins de la planète. En 2012, le constructeur a produit un peu plus de 9,5 millions de voitures.
Mercredi 19 juin, le Japonais a décidé d’ouvrir virtuellement les portes de son usine de Burnaston, située dans le centre de l’Angleterre, et de suivre la production d’une voiture, de A à Z, en direct live sur Twitter.
QUATORZE HEURES DE LIVE
Dès 6 heures du matin, les followers du compte @toyotafactory pourront découvrir les différentes étapes de production d’une Auris hybride, de l’atelier d’emboutissage, qui forme les différentes pièces d’acier pour la carrosserie à la sortie de chaîne, après les ultimes contrôles qualité.

Sur la route électrifiée

Sur la route électrifiée
L’avenir des véhicules électriques ne passe pas forcément par des batteries à haute capacité. Des technologies pour recharger les bus, camions et voitures en roulant ou à l’arrêt se multiplient.
Et si la mobilité électrique se passait de batteries ? Imaginez voitures, bus, poids lourds et autres véhicules rouler 100 % électrique, sans polluer, en tirant leur énergie de la route qu’ils arpentent. Cerise sur le gâteau, l’infrastructure est invisible : des bobines métalliques courant sous le bitume alimentent les véhicules par induction, sans contact, en continu tout au long de leur trajet [lire page suivante]. Futuriste ? Un peu. Fantaisiste ? Pas du tout ! La mobilité électrique se heurte aux limites des batteries et de nombreux acteurs travaillent à s’en passer, au moins partiellement. Pour cela, pas de choix : la route aussi doit être électrifiée.
Une batterie suffit à la Bluecar d’Autolib’ pour circuler en ville. Mais pour parcourir de longues distances ou faire rouler des véhicules lourds, la densité énergétique de la meilleure chimie disponible, le lithium ion, est insuffisante. "Un bus de 12 mètres parcourant environ 300 kilomètres par jour en ville exigerait une batterie de plus de 3 tonnes. On voit de tels bus électriques venus de Chine : ils peuvent transporter 30 passagers en moins que les bus diesel", explique Jérémie Desjardins, le directeur de l’activité Primove, dédiée à l’alimentation par induction, chez Bombardier Transport. Avec davantage d’autonomie, il n’y aurait donc plus de place pour les passagers… La  solution repose sur le "biberonnage" des bus : une recharge fréquente et rapide de la batterie aux terminus, voire aux stations. "On peut diviser par cinq la taille de la batterie", se félicite Jérémie Desjardins. Bombardier a développé Primove, un système de charge rapide (à 200 kW) par induction suffisamment tolérante en matière de positionnement du bus pour être effective. Le constructeur a signé des contrats à Bruges (Belgique), à Braunschweig et à Mannheim (Allemagne), qui devraient démarrer d’ici à la fin 2013.

Industriels, n'ayez pas peur de la Google Car

Industriels, n'ayez pas peur de la Google Car
La loi américaine a récemment statué sur les voitures autonomes : pas prêtes pour le grand public, mais autorisées pour des tests. Si les bénéfices sociaux de cette technologie sont évidents, les spéculations vont bon train dans l'industrie automobile pour déterminer la mesure du danger. Quelle révolution industrielle permettrait la voiture sans conducteur que nous fait miroiter Google notamment ?
L'Etat fédéral américain a récemment rendu un avis sur les voitures sans conducteurs, n'autorisant pas encore leur utilisation par le public, mais permettant la poursuite de tests. Le consommateur, lui, semble prêt, selon une étude Cisco parue au même moment. 57% des sondés dans le monde feraient confiance à ce genre de véhicule, et jusqu'à 60% aux Etats-Unis. Toutefois, pour que les régulations se mettent en place, et notamment en matière d'assurance et de responsabilités, plusieurs années peuvent s'écouler. Pourquoi l'industrie automobile, et tous les secteurs industriels confondus, devraient-ils prendre les devants dans ce domaine?
CONSTRUCTEURS AUTOMOBILES : PAS DE SCÉNARIO KODAK !
On se rappelle tous comment le géant de la photographie Kodak avait été détruit par l'apparition du digital. Les constructeurs automobiles ont tout intérêt à prendre les devants aujourd’hui dans le domaine de la voiture autonome, pour non seulement y survivre, mais aussi - pourquoi pas - gagner cette révolution à laquelle ils ne pourront pas échapper. Chunka Mui, dans son e-book Driverless Cars: trillions are up for grabs, paru dans une série d'articles du magazine américain Forbes, a enquêté sur les avantages que l’industrie automobile pourrait tirer à s’associer avec Google.

Un logiciel de réalité augmentée pour réduire les problèmes de maintenance et les coûts

Un logiciel de réalité augmentée pour réduire les problèmes de maintenance et les coûts
L'un des plus grands complexes hôteliers Australiens, Crown, se met à la réalité augmentée pour améliorer ses performances et coûts liés à la maintenance, en utilisant la plateforme d'IBM Maximo.
Crown, l'un des plus grands casinos et complexes hôteliers australiens, au revenu annuel de 1,73 milliards de dollars, s'est retrouvé confronté au challenge de faire fonctionner efficacement une entreprise avec 6 800 employés et de nombreux problèmes de maintenance. Crown s'est donc mis au numérique, en intégrant la plateforme de management d'IBM appelée Maximo à son système d'administration. Grâce à la géolocalisation, à des outils mobiles et de réalité augmentée, l'entreprise a repensé entièrement son système de management pour réduire ses problèmes de maintenance et leurs coûts. Une solution qui, adaptée à d'autres secteurs industriels, peut changer la vie en usine.
LA LOGISTIQUE DU FUTUR
Pour gérer des milliers de conduits, générateurs, systèmes d'air conditionné, réfrigérateurs, lumières et autres, il faut un sacré système. Le numérique permet aux employés de Crown d'avoir accès sur leurs iPhones à tous les problèmes de maintenance à régler, et de les cartographier grâce à la géolocalisation, réduisant ainsi leur temps de réaction. Par ailleurs, la plateforme d'IBM, intégrée avec le système d'administration de Crown Peoplesoft, génère une base de données qui répertorie tous les détails et l'historique des infrastructures.

Le coup de pompe des robinets

Le coup de pompe des robinets
Selon les chiffres publiés par Profluid, l’année 2013 ne verra qu’une faible progression de la production des pompes, compresseurs et des robinets.
La production française des pompes, compresseurs et des robinets se maintient. Profluid, le syndicat professionnel des fabricants d’équipements du secteur vient de publier les chiffres de 2012 et les perspectives pour 2013 pour ce secteur qui réalise un chiffre d’affaires de 5,6 milliards d’euros et emploie 27 000 personnes.
Si le secteur de la robinetterie a poursuivi sa progression (+4%) en 2012, celui des pompes a marqué le pas avec une quasi stabilité, tout en restant toujours positif. Et avec des exportations s’élevant à 940,6 millions d’euros pour des importations de 1 267,4 millions d’euros, la balance commerciale est largement déficitaire pour les pompes. En revanche, les balances pour les compresseurs et les robinets sont positives, avec un excédent de 216,5 millions d’euros pour les premiers et de 175,6 millions d’euros pour les seconds.

Les renseignements américains s'appuient sur la technologie du groupe d'investissement IQT

Les renseignements américains s'appuient sur la technologie du groupe d'investissement IQT
La NSA et la CIA utilisent les technologies des start-up de la Silicon Valley pour obtenir les renseignements sur les communications entre internautes et mobinautes.
On en apprend de plus en plus sur les pratiques de l'industrie des renseignements aux Etats-Unis cette semaine, à mesure que les révélations tombent. Techcrunch rapporte comment la NSA et la CIA, sous le feu des critiques, se sont associées avec le groupe d'investissement In-Q-Tel (IQT) pour accéder aux dernières technologies en matière d'espionnage numérique.
IQT, organisation sans but lucratif, co-investit avec d'autres investisseurs dans des start-up dont la technologie de pointe peut être utile aux services de renseignement. 70% de ces start-up n'auraient jamais travaillé avec le gouvernement auparavant, IQT fournit donc aux renseignements américains un véritable pont d'accès aux nouvelles technologies. Celles-ci concernent des outils d'analyses géospatiales et vidéo, des bases de données à grande échelle, des outils de traduction, de sécurité et de mobilité.

Le tabac bientôt suivi à la trace

Contrebande, contrefaçon et évasion fiscale ! Le commerce illicite du tabac atteint 12% du marché mondial, soit le chiffre astronomique de 660 milliards de cigarettes par an. Les producteurs perdent 4 milliards d’euros chaque année et les États… 31 milliards d’euros en recettes fiscales.
En cette période de disette des finances publiques, les majors du tabac seront écoutées. Les quatre leaders mondiaux de l’industrie du tabac, British American Tobacco, Imperial Tobacco Group, Japan Tobacco International et Philip Morris International ont lancé la Digital tracking and coding association (DCTA) pour lutter contre le commerce illégal.
Pour Pat Heneghan, le porte-parole de la DCTA, "compte tenu de la sophistication des moyens employés par les criminels et les terroristes qui se livrent au trafic illicite de marchandises, les gouvernements n’ont d’autre choix que de tirer parti des dernières avancées technologiques pour sécuriser les chaînes logistiques". La DCTA propose donc aux autorités une solution numérique fondée sur la technologie Codentify : un code alphanumérique unique, généré par un système de cryptage breveté et imprimé directement sur les paquets. Il permettra de tracer un produit, de repérer l’endroit où il a pu être détourné des chaînes logistiques légales et surtout de vérifier, depuis un smartphone, le caractère licite des cargaisons.
Ainsi, les États pourront se conformer aux exigences du droit international, dont celle ressortant du protocole de l’Organisation mondiale de la santé : éliminer le commerce illicite du tabac.
Source : http://www.usine-digitale.fr/industries/

Qu'Apple et Google parient sur le "made in America" n'est pas qu'une question d'image

Des téléphones “made in Texas” et des ordinateurs “made in California”... Le hardware se fabrique - ou plutôt s’assemble - à nouveau aux États-Unis. Un phénomène marginal mais révélateur.
Mercredi 5 juin, Lenovo inaugurait en grande pompe son usine de Whitsett, en Caroline du Nord. Le fabricant chinois a commencé à y assembler certains de ses ordinateurs et laptop ThinkPad. Il prévoit de produire des tablettes et des serveurs d’ici la fin de l’année. Sur ces produits figurera l’étiquette “Assemblé aux États-Unis”.
Le nouveau portable de Motorola Mobility portera lui aussi le précieux label : le Moto X sera en effet le seul téléphone portable assemblé aux États-Unis. Motorola Mobility - racheté par Google en 2011 - a mis la main sur une ancienne usine Nokia au Texas et entend embaucher 2000 personnes.
En décembre dernier, Tim Cook, patron d’Apple, affirmait quant à lui vouloir fabriquer un de ses Macs au pays : la marque à la pomme parle d’investir plus de 100 millions de dollars pour ramener une partie de sa production aux États-Unis cette année.
L’IMPACT SUR LES MARGES EST MINIME
Après les secteurs de l’électroménager et de l’automobile, celui du hardware fait le pari du “Made in America”. Si les fabricants d’électronique et de matériel informatique cherchent à améliorer leur image de marque - écornée par les rapports dénonçant les conditions de travail de leurs sous-traitants en Chine -, d’autres facteurs expliquent ce phénomène : “Les salaires continuent d’augmenter en Chine, tout comme les frais d’acheminement. Parallèlement, les prix des équipements pour l’automatisation des lignes de production ont baissé de 85% en l’espace de 15 ans”, explique Harold Sirkin, associé au Boston Consulting Group et auteur du rapport “Made in America, Again”. L’équation a changé. Aujourd’hui, lorsqu’une entreprise fait le calcul, elle s’aperçoit que produire aux États-Unis coûte à peine plus cher qu’en Chine”.
Dans la fabrication des ordinateurs ou des téléphones, la main d’œuvre ne pèse d’ailleurs pas lourd : “L’assemblage représente 3 à 5% du prix de vente, affirme Horace Dediu, analyste de l’industrie. Même si les coûts du travail sont deux fois plus élevés aux États-Unis, l’impact sur les marges est minime”.

Orange se ressource à San Francisco

Soutenir l’accélérateur de start-up le Camping, à Paris, ne suffit pas. Pour se diversifier et trouver de nouveaux revenus, en particulier en créant des services innovants qui valoriseront ses infrastructures, Orange cherche plus de sang frais. Il pense le trouver outre-Atlantique, en Californie, qui reste la région sur la planète où tout se passe en matière de numérique, et où il travaille déjà depuis douze ans. C’est donc à San Francisco que le français a choisi de lancer son premier accélérateur privé. En mai, l’opérateur y a présenté les six start-up de la première promotion de son Orange Fab. Des entreprises en phase de démarrage, qui ont déjà au moins un prototype de produit, de préférence dans les domaines du très haut débit, du paiement mobile, du cloud ou de la gestion des données personnelles. Les jeunes pousses sélectionnées pourront s’installer dans les bureaux d’Orange Silicon Valley à San Francisco.

Connaissez-vous la smart industrie?

E-business, mobiles, réseaux, cloud, big data… Les technologies s’enchaînent et chamboulent tout. Pour survivre à la révolution numérique en cours, l’industrie n’a pas le choix. Elle sera "smart" ou ne sera plus.
Si les entreprises avaient cru, en voyant disparaître les directeurs e-business de leur organigramme, que la question de la révolution internet était réglée, elles avaient tort. Le changement se poursuit et le numérique bouscule tout. Pas seulement les relations clients-fournisseurs ou les processus internes. À tous les niveaux, les réseaux sociaux cassent les silos, renversent l’organisation hiérarchique verticale. Les outils numériques personnels invités au travail, associés au cloud, font de la mobilité et du temps réel une règle. Sans parler du big data galopant, qui promet de faire parler toutes les données, structurées ou non, et qui donne un nouveau pouvoir, aujourd’hui au marketing, demain aux produits. Des produits de plus en plus connectés, ou tirant leur valeur non plus d’eux-mêmes mais des services associés, le plus souvent en ligne. Pour y survivre, l’industrie doit donc faire preuve d’encore plus d’intelligence et de remise en question que les secteurs des services. Ces industriels qui se transforment ont désormais un rendez-vous annuel, le Smart industry summit, dont la première édition se tient le 29 mai 2013 à Paris. L’événement réunit les professionnels du numérique au service de l’industrie, acteurs, experts, fournisseurs et champions de cette révolution en cours.
Gare à ceux qui font l’autruche ! Les entreprises les plus matures en matière numérique, aussi appelées "Digirati", seraient déjà de 9 à 26 fois plus performantes que les autres, selon une étude Capgemini consulting-MIT réalisée auprès de 400 grandes entreprises. Leur secret ? Avoir une stratégie numérique pilotée au plus haut niveau, comme chez Nike [lire page 32], Volvo ou Ford [lire ci-dessous]. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si GM a embauché quelque 10 000 développeurs informatiques.

GE confie à la foule ses objets connectés

Les inventeurs intéressent General Electric (GE). Le géant américain de la construction électrique les invite à imaginer et à concevoir des objets connectés via le site internet d’innovation participative (crowd innovation) de Quirky, une start-up new-yorkaise dédiée à la co-création. Et pour les aider à aller au bout de leurs idées sans être contraints par la propriété intellectuelle, il met à la disposition des contributeurs des milliers de brevets. Ceux-ci ont donc accès à des technologies clés dans l’optique, l’holographie, l’encapsulation à film mince de composants électroniques ou encore la télématique au cœur des systèmes de navigation automobile. Lancée en mai 2013 sous le nom "Wink : instantly connected", cette initiative vise à accélérer le développement des objets connectés en misant sur l’imagination débridée des inventeurs et les attentes des utilisateurs.
Dans un premier temps, GE privilégie les domaines de l’énergie, de la santé, de la domotique et de l’électroménager, en mettant tout particulièrement l’accent sur les dispositifs contrôlés à distance par des smartphones. Les premiers produits nés de cette innovation participative pourraient se concrétiser avant la fin de l’année.

Eugène Perma hisse ses couleurs sur le net

Pour Eugène Perma, l’e-commerce est une petite révolution. Peu adepte du numérique, l’entreprise de taille intermédiaire (ETI) spécialiste de la coloration et du soin du cheveu a pourtant lancé sa plate-forme de vente en ligne. Le grand public ou les professionnels pourront désormais acheter les marques Pétrole Hahn, Keranove ou Yzae sur le net. Une initiative très tendance, qui a failli passer inaperçue : le géant L’Oréal a lui aussi lancé à la mi-avril sa première boutique en ligne pour sa division de cosmétiques grand public.
Mais le groupe au chiffre d’affaires de 100 millions d’euros, quatrième sur le marché capillaire en France et implanté dans plus de 50 pays, vise surtout le marché des professionnels de la coiffure. Et notamment les nombreux coiffeurs auto-entrepreneurs, qui peuvent être attirés par les petits prix de ces produits, bien qu’ils soient fabriqués dans l’usine du groupe à Reims (Marne). Pour le grand public, Eugène Perma compte sur la notoriété de ses marques distribuées en grandes surfaces, mises en valeur dans une rubrique du site optimisé pour les connexions depuis un téléphone mobile ou une tablette.

Ricard "chatte" ses bonnes idées

"Booster l’innovation et renforcer la culture du groupe." C’est le double objectif fixé au Pernod Ricard chatter quand l’idée est lancée en octobre 2011.
"Nous venions d’être élus parmi les sociétés les plus innovantes au monde par le magazine 'Forbes'. L'entreprise Salesforce était première", se souvient Alexandre Ricard, le directeur général délégué. De là à lancer un projet en commun il n’y a qu’un pas. "On réfléchissait depuis longtemps aux réseaux sociaux", ajoute le petit-fils du fondateur, Paul Ricard.
COLLABORATION CALIFORNIENNE
Rendez-vous est rapidement pris et la société californienne, connue pour ses solutions en gestion de la relation client (CRM), met en œuvre un projet de réseau social pour le leader mondial des spiritueux, d’un montant tenu secret. Six mois plus tard, un module pilote est lancé avec 2 000 personnes, avant d’être généralisé aux 19 000 collaborateurs du groupe le 29 octobre 2012.
"Tous les salariés sont inscrits d’office. Mais nous essayons de susciter l’envie pour que chacun soit actif et participe aux communautés", détaille Alexandre Ricard. Y sont recensées 2 000 communautés, fonctionnelles ou thématiques, par marques ou par pays.

GT Nexus, le Facebook de la supply chain

Adidas, Nestlé, Rhodia… et depuis peu Electrolux et Renault utilisent la plate-forme de supply chain collaborative de GT Nexus, en technologie cloud. Le but : gérer automatiquement ses achats de transports internationaux, avec un suivi en temps réel des opérations depuis la commande jusqu’à la livraison. "Cela permet de vérifier en temps réel que ce qui a été négocié est bien appliqué, précise Paul Simon-Thomas, le directeur des opérations en Europe de GT Nexus. Ce n’est pas toujours facile quand on se trouve à des milliers de kilomètres."
Une solution qui permet d’optimiser les flux et d’auditer les transporteurs. "Nous sommes le Facebook du transport. Nous proposons une logique de réseau et de mutualisation avec une plate-forme technologique sur internet. Pour chaque nouveau client, nous créons son environnement en moins de six mois", martèle-t-il. GT Nexus a été pionnier dans le domaine et développe tout en interne depuis quatorze ans.

Une "social war room" chez Nestlé

Dans la salle de la Digital acceleration team (DAT) de Nestlé, un mur de 12 grands écrans affiche tout ce qui se dit sur le web à propos des marques du groupe. Tweets, posts Facebook, messages LinkedIn, échanges sur les forums, vidéos... prennent la forme de courbes, cartes et autres schémas, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. De quoi réagir très vite quand les voyants passent au rouge.
Il faut dire qu’en 2010, Nestlé avait été pris au piège des médias sociaux avec l’affaire de l’huile de palme dans les barres chocolatées KitKat. Face à une attaque en règle de Greenpeace par vidéo YouTube interposée, il avait réagi de la pire des manières : le déni et même les menaces envers les internautes.
Un désastre devenu un cas d’école. Pour autant, Nestlé se refuse à qualifier sa DAT de "war room". Arguant que ce programme est surtout un guide interne pour stimuler l’innovation numérique et l’intégrer pleinement dans la stratégie de marque et les activités.

Linkfluence fait parler les médias sociaux

Tout a commencé avec la victoire du non au référendum de 2005 sur le traité européen. "Nous l’avions vu venir", raconte Guilhem Fouetillou. Nul besoin, pour cela, de boule de cristal ou de marc de café… À l’époque, lui et trois autres étudiants de l’université de technologie de Compiègne (UTC) ont pu prédire le résultat du vote en explorant, avec force algorithmes et cartographies, le web 2.0 naissant (blogs, forums…) et ses données publiques. Un an plus tard, en 2006, les quatre ingénieurs fondent Linkfluence, spécialisé dans l’écoute et l’analyse des conversations qui se tiennent dans les médias sociaux pour en faire émerger les tendances à venir. Grâce à leur solution, un laboratoire pharmaceutique a pu découvrir les effets secondaires de son nouveau médicament, en étudiant sur le web l’association entre le nom de ce dernier et des symptômes jusqu’ici inconnus.